
Peu de choix de vie méritent autant de respect que la décision de devenir aidant proche.
Prendre soin d’un membre de sa famille ou d’un autre proche est loin d’être une tâche facile. Lorsque la personne âgée a besoin d’un accompagnement important, ce rôle demande beaucoup de temps et d’énergie, sans parler de la charge émotionnelle. Or, pour pouvoir accompagner durablement son proche, l’aidant doit également préserver sa propre santé physique et mentale.
Il est donc essentiel de reconnaître à temps le moment où vous n’êtes plus en mesure d’assumer seul cet accompagnement, ou lorsque les besoins de votre proche deviennent trop importants pour être couverts uniquement à domicile.
Cette situation est loin d’être rare : une étude récente a montré que 42 % des aidants proches se sentent surchargés.
Au cours de ses nombreuses années d’expérience dans les soins aux seniors, dont les dix dernières en tant que directeur de la maison de repos et de soins Salve à Brasschaat, Danny Meyten a rencontré et accompagné de nombreux aidants proches. Il est aujourd’hui l’un des spécialistes de cette thématique chez Armonea, le groupe privé de soins aux seniors dont Salve fait partie. Vous êtes vous-même aidant proche ou envisagez de le devenir ? À l’occasion de la Journée des aidants proches, Danny vous explique ce que ce rôle implique, les signaux auxquels vous devez être attentif et les avantages de poursuivre votre rôle d’aidant lorsqu’un proche entre en maison de repos et de soins.
Qu’est-ce qu’un aidant proche exactement ?
Un aidant proche accompagne une personne de son entourage qui a besoin d’une aide temporaire ou permanente en raison de difficultés physiques, intellectuelles ou psychiques. Chez les personnes âgées, il s’agit généralement d’une perte d’autonomie physique ou d’une forme de démence. On parle d’aidant proche lorsque cette aide s’inscrit dans le cadre d’une relation personnelle. Le bénévolat et les soins professionnels n’en font donc pas partie.
Le rôle d’aidant proche s’inscrit dans la continuité d’une relation de confiance, souvent entre un senior ayant besoin d’aide et son enfant, ou entre deux partenaires dont l’un accompagne l’autre. Cette aide peut également être apportée par un autre membre de la famille, un ami ou un voisin. Elle peut être organisée durant le temps libre, mais de nombreux aidants proches réduisent temporairement leur activité professionnelle, par exemple en travaillant à temps partiel. Certaines aides financières peuvent compenser une partie de la perte de revenus.

Existe-t-il des signaux concrets que vous devez prendre au sérieux en tant qu’aidant proche ?
Chaque situation est différente, mais certains signaux d’alerte peuvent indiquer que vous approchez de vos limites.
Observez, par exemple, le temps que vous passez encore en dehors de chez vous. Si celui-ci a fortement diminué depuis que vous êtes devenu aidant proche, cela peut être un premier signal. Soyez également attentif à vos contacts sociaux : depuis combien de temps n’avez-vous plus vu ou entendu certaines personnes avec lesquelles vous étiez auparavant régulièrement en contact ?
Si vous doutez régulièrement de vos décisions — quels médicaments administrer et en quelle quantité, faut-il appeler le médecin en cas de forte fièvre ? — cela peut indiquer que vous ne faites plus suffisamment confiance à votre propre jugement. Cela peut également signifier que vous manquez d’informations ou de personnes avec lesquelles vous concerter.
Le sentiment d’impuissance et la compassion peuvent également devenir pesants, surtout lorsque les besoins de la personne âgée augmentent fortement. Vous ne parvenez plus à aider votre mère à passer du lit aux toilettes ? Vous devez constamment faire appel à des professionnels ? Vous pensez régulièrement que cette situation n’est plus tenable, ni pour vous ni pour elle ? Il est alors temps de vous demander si l’accompagnement peut encore être poursuivi uniquement à domicile.
Enfin, un autre point essentiel concerne votre propre état physique. Comment vous sentez-vous ? Votre corps peut-il encore supporter cette charge ? Le Caregiver Strain Index (CSI) permet d’évaluer la charge ressentie. Un score de 7 ou plus indique que l’aidant proche est soumis à une charge importante.
Le rôle d’aidant proche peut être très exigeant. Quelles sont les principales difficultés rencontrées ?
L’isolement qui touche la personne âgée peut également concerner l’aidant proche. Lorsque votre proche a besoin d’un accompagnement important, vous pouvez progressivement vous retrouver isolé avec lui. Certains aidants n’osent plus quitter leur domicile, par crainte qu’un incident se produise en leur absence. Cette situation pèse sur la vie sociale, mais aussi sur la qualité de l’accompagnement. Pouvoir échanger au sujet de vos doutes et de vos décisions est essentiel, avec des professionnels, mais aussi avec vos amis ou d’autres aidants proches.
Le logement peut également devenir inadapté : des escaliers, une douche glissante ou un lit trop haut sans protection contre les chutes sont autant d’obstacles qui compliquent l’accompagnement et peuvent mettre la personne âgée en danger.
Vous souhaitez savoir comment limiter les risques de chute ? Consultez notre article consacré à la prévention des chutes. Il est également important de tenir compte des besoins de l’aidant proche lui-même. Si vous êtes senior et que vous accompagnez votre partenaire, il est possible que vous ayez vous aussi besoin d’aide à un moment donné. En vous oubliant complètement, vous risquez de fragiliser votre propre santé et de ne plus pouvoir remplir votre rôle. Cette situation s’accompagne souvent d’un sentiment d’échec et d’une inquiétude pour l’avenir de votre partenaire.
Je parle également par expérience personnelle. Ma mère s’est longtemps occupée de mon père, atteint de démence. Mais, pour les raisons que je viens d’évoquer, ce rôle est devenu très lourd pour elle au fil du temps.
Beaucoup considèrent le rôle d’aidant proche et l’entrée en maison de repos comme deux étapes distinctes. Ces deux formes d’accompagnement s’excluent-elles ?
Au contraire, l’entrée en maison de repos et de soins peut permettre de poursuivre votre rôle d’aidant proche dans de meilleures conditions. Rien ne vous oblige à assumer seul l’ensemble de l’accompagnement. En maison de repos et de soins, vous pouvez compter sur une infrastructure adaptée, une expertise professionnelle, des soins et une vie sociale qui vous soutiennent dans votre rôle. La responsabilité ne repose ainsi plus entièrement sur vos épaules.
Les avantages sont également nombreux pour le senior. Quelle que soit la force de votre relation, dépendre d’une seule personne peut aussi entraîner une forme d’isolement. En maison de repos et de soins, votre proche bénéficie d’activités, de contacts sociaux, de nouvelles stimulations et de davantage d’espace.
Le rôle d’aidant proche ne doit d’ailleurs pas nécessairement être assumé par un membre de la famille. Certaines personnes ont créé à domicile un lien fort avec une dame de compagnie ou une aide-ménagère. Lors de l’entrée en maison de repos et de soins, cette personne peut demander à continuer à jouer un rôle d’aidant proche. Cela ne pose aucun problème chez Armonea.
Les aidants proches sont-ils les bienvenus dans toutes les maisons de repos et de soins ?
Cela devrait toujours être le cas. Chez Armonea, les aidants proches sont non seulement les bienvenus, mais leur implication est également encouragée. Dans le cadre d’un dialogue ouvert, nous convenons ensemble du rôle de chacun. Cette répartition peut évoluer en fonction de vos besoins et de ceux de votre proche. Vous pouvez également participer à nos groupes de parole destinés aux aidants proches.
Lors de votre première visite, il est important que vous ressentiez que les aidants proches ont véritablement leur place au sein de la maison de repos et de soins. Parlez-en avec la direction et les collaborateurs, ou participez à un groupe de parole pour aidants proches s’il en existe un. Vous pourrez ainsi mieux comprendre la place qui vous sera accordée.
Les seniors et leurs aidants proches peuvent-ils aussi faire appel à un court séjour ?
Bien sûr ! Toutes les maisons de repos et de soins ne disposent pas d’un agrément pour le court séjour, mais celles qui le proposent offrent une solution très concrète aux aidants proches. Ceux-ci ont eux aussi besoin de partir en vacances ou de prendre du repos. La maison de repos et de soins peut alors prendre temporairement le relais, en étroite concertation avec vous, afin que vous puissiez souffler et retrouver de l’énergie en toute sérénité. Le court séjour peut également être utile si vous êtes momentanément indisponible, par exemple en raison d’une maladie ou d’un décès dans la famille.
Le court séjour peut également compléter l’accompagnement assuré par l’aidant proche, notamment lorsque la personne âgée a temporairement besoin de davantage de soins, par exemple après une fracture importante et pendant sa convalescence.
Chaque maison de repos et de soins développe sa propre approche en fonction de sa situation et de son environnement. Pouvez-vous partager certaines expériences vécues à Salve ?
Il y a quelques années, nous avons entièrement rénové notre maison de repos et de soins. J’ai alors choisi de créer presque exclusivement des chambres individuelles, car de plus en plus de résidents souhaitent préserver pleinement leur intimité. Cette organisation présente également des avantages pour les couples, notamment lorsque l’un des partenaires accompagne l’autre en tant qu’aidant proche. Si vous êtes encore suffisamment autonome, nous vous conseillons d’aménager l’une des chambres en chambre à coucher et la chambre voisine en salon.
Ces deux chambres vous permettent de continuer à vivre ensemble tout en apportant à votre partenaire l’aide dont il a besoin. Si votre propre santé se fragilise, chacun peut retrouver sa chambre. Vous bénéficiez ainsi vous aussi de l’accompagnement nécessaire, tout en continuant à être présent auprès de votre partenaire aux moments qui comptent.
Nous constatons que les familles apprécient également beaucoup cette solution. Elles sont rassurées de savoir que des professionnels sont toujours présents pour apporter les soins nécessaires en cas de besoin.
La maison de repos et de soins Salve joue elle-même un rôle de proximité au sein de son quartier. L’année dernière, j’ai lancé un projet destiné à créer davantage de liens avec les habitants. L’objectif est d’aider les personnes isolées à domicile à participer à la vie de notre maison. Cela peut être très simple : venir lire le journal autour d’un café peut déjà faire beaucoup de bien. Et les personnes qui n’ont pas de jardin chez elles sont également les bienvenues dans le nôtre.
Bon conseil :
Choix de la chambre.
Si vous êtes encore suffisamment autonome en tant qu’aidant proche, nous vous conseillons d’aménager l’une des chambres en chambre à coucher et la chambre voisine en salon.
Vous recherchez une maison de repos et de soins où votre proche et vous-même bénéficierez de tout le soutien nécessaire ? Contactez l’établissement Armonea le plus proche.